
(Voici un article que j’ai rédigé pour le journal l’Exemplaire cette semaine. Pour vous donner une idée des raisons pour lesquelles je n’entretiens pas cette page. J’ai aussi appris depuis la parution que Ken Fortrel de Call me poupée n’a jamais étudié en cinéma, aucune idée du comment du pourquoi j’étais convaincu du contraire dans mes notes. Mea Culpa.)
Québec – Une centaine de personnes ont découvert samedi dernier le meilleur de la musique provenant de notre cinéma grivois des années 60 et 70 lors de l’événement Érotique PQ.
Si la Salle Sylvain-Lelièvre du Cégep Limoilou n’était remplie qu’au tiers, l’énergie des douze musiciens sur la scène a su pallier ce manque quantitatif. Après-ski, l’Initiation, Valérie et Deux femmes en or, si les films font aujourd’hui sourire, leurs trames sonores elles impressionnent par leur qualité.
Johnny Rottweiler, animateur à la station de radio CKRL, était présent au spectacle, et même s’il ne connaissait pas les films érotiques dont provenaient ces pièces, il s’est immédiatement senti dégourdi par la musique. «Quand je me suis levé debout, c’était magique, je me suis rendu compte que il n’y avait plus de préjugés, plus de haine, que c’était l’amour pur. Les inhibitions se sont complètement évaporées», a-t-il commenté.
Ken Fortrel, du groupe Call me poupée et l’un des instigateurs du projet, a expliqué à l’Exemplaire que le projet a démarré à la suite d’une demande du Festival OFF pour un spectacle de Call me poupée. «On n’avait pas d’album qui s’en venait, rien de bien nouveau, c’est donc de là qu’est née l’idée», de répondre Fortrel, en précisant que c’est durant ses années d’études en cinéma qu’il a découvert le genre et sa musique.
Microsillons recherchés
Sur une vingtaine de films que l’on peut associer au genre, que plusieurs ont qualifié à l’époque de «Déshabillons la québécoise», moins d’une dizaine de trames sonores ont été éditées en microsillon. Simon M. Leclerc, webmestre du site Psychébélique, qui se spécialise dans la musique funk, jazz, rock et psychédélique québécoise, tient à rétablir les faits : «Le talent n’a jamais manqué au Québec, mais les problèmes de distribution et la courte mémoire des gens ont contribué au désintéressement.»
Cette rareté a pu faire de certains de ces albums des items de collection. L’album de la trame sonore d’Après Ski par exemple, reconnu pour sa Face 2 instrumentale composée par Jacques Crevier, se vend en moyenne 200 $ US sur le site eBay. «C’est ironique que plusieurs musiciens d’ici ne veulent pas écouter de musique québécoise, alors que plusieurs de ces albums méconnus ici sont très recherchés au Europe et aux États-Unis, autant par les mélomanes que les DJ», a fait remarquer M. Leclerc.