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L’ONF mobile

Ça doit maintenant faire 2 ans que j’écris de petits articles à chaque saison pour le magazine La Scena, extension de La Scena musicale qui se spécialise dans la musique classique (allez savoir). Mon seul contrat de pige en ce moment (je devrais trouver le temps d’en trouver d’autres un ‘ment donné), j’aime l’expérience et les gens avec qui je travaille. Pour le numéro d’hiver 2010, j’ai rédigé un article sur la nouvelle application iPhone de l’ONF.

Voir un de ses textes tout organisé comme ça, même de façon rudimentaire, je ne m’en tannerai jamais.

La Scena Musicale.

Pour ceux qui ne sont pas encore déménagés à Montréal et qui se disent qu’il n’y a jamais rien à faire cinématographiquement parlant dans la Capitale, mettez ça dans votre pipe. Nos amis d’Antitube et de la Cinémathèque québécoise nous ont concocté une programmation de court-métrages de petits bonhommes qui sera présentée du 27 au 29 novembre au Musée de la civilisation.

Les 27 et 28, une rétrospective de Pierre M. Trudeau. Les 28 et 29, deux programmes internationaux. Bonne occasion de voir Runaway de Cordell Barker sur grand écran, parmi les dix finalistes pour le prochain Oscar dans la catégorie meilleur court d’animation.

5 piasses, 2 pour les étudiants.

La programmation complète.

Le chat colla… et Tombé du ciel de Barker.

Les intouchables

La cinémathèque du Festival international du film de Toronto (ils ont une cinémathèque eux?) vient de publier en ligne sa liste des meilleurs films de la décennie. Soixante grosses têtes dans le monde cinéma ont donc répondu aux questions du programmeur en chef de la cinémathèque, James Quandt. Ça donne Apichatpong Weerasethakul en 1ere  et 6e position et  Jia Zhang-ke en 2e, 3e et 24e position. L’Asie en général est définitivement la plus représentée dans cette liste (ça parle de 21 films français, mais il s’agit généralement de co-productions). Ça manque de Kim Ki-duk par exemple.

La liste.

(Voici un article que j’ai rédigé pour le journal l’Exemplaire cette semaine. Pour vous donner une idée des raisons pour lesquelles je n’entretiens pas cette page. J’ai aussi appris depuis la parution que Ken Fortrel de Call me poupée n’a jamais étudié en cinéma, aucune idée du comment du pourquoi j’étais convaincu du contraire dans mes notes. Mea Culpa.)

Québec – Une centaine de personnes ont découvert samedi dernier le meilleur de la musique provenant de notre cinéma grivois des années 60 et 70 lors de l’événement Érotique PQ.

Si la Salle Sylvain-Lelièvre du Cégep Limoilou n’était remplie qu’au tiers, l’énergie des douze musiciens sur la scène a su pallier ce manque quantitatif. Après-ski, l’Initiation, Valérie et Deux femmes en or, si les films font aujourd’hui sourire, leurs trames sonores elles impressionnent par leur qualité.

Johnny Rottweiler, animateur à la station de radio CKRL, était présent au spectacle, et même s’il ne connaissait pas les films érotiques dont provenaient ces pièces, il s’est immédiatement senti dégourdi par la musique. «Quand je me suis levé debout, c’était magique, je me suis rendu compte que il n’y avait plus de préjugés, plus de haine, que c’était l’amour pur. Les inhibitions se sont complètement évaporées», a-t-il commenté.

Ken Fortrel, du groupe Call me poupée et l’un des instigateurs du projet, a expliqué à l’Exemplaire que le projet a démarré à la suite d’une demande du Festival OFF pour un spectacle de Call me poupée. «On n’avait pas d’album qui s’en venait, rien de bien nouveau, c’est donc de là qu’est née l’idée», de répondre Fortrel, en précisant que c’est durant ses années d’études en cinéma qu’il a découvert le genre et sa musique.

Microsillons recherchés

Sur une vingtaine de films que l’on peut associer au genre, que plusieurs ont qualifié à l’époque de «Déshabillons la québécoise», moins d’une dizaine de trames sonores ont été éditées en microsillon. Simon M. Leclerc, webmestre du site Psychébélique, qui se spécialise dans la musique funk, jazz, rock et psychédélique québécoise, tient à rétablir les faits : «Le talent n’a jamais manqué au Québec, mais les problèmes de distribution et la courte mémoire des gens ont contribué au désintéressement.»

Cette rareté a pu faire de certains de ces albums des items de collection. L’album de la trame sonore d’Après Ski par exemple, reconnu pour sa Face 2 instrumentale composée par Jacques Crevier, se vend en moyenne 200 $ US sur le site eBay. «C’est ironique que plusieurs musiciens d’ici ne veulent pas écouter de musique québécoise, alors que plusieurs de ces albums méconnus ici sont très recherchés au Europe et aux États-Unis, autant par les mélomanes que les DJ», a fait remarquer M. Leclerc.

Érotique PQ

Valerie

Ce samedi 14 novembre, 13 musiciens seront à la Salle Sylvain Lelièvre du Cégep Limoilou pour interpéter les meilleures pièces de nos meilleurs films érotique des années 60 et 70. Valérie, Après Ski, Viens mon amour, L’Iniation, nommez-les. Vous cliquez ici pour plus d’informations.

10 en prévente, 13 à la porte.

Malgré mon penchant pour la cinéphilie factuelle et nominative, je n’ai jamais été un type à listes. Elles deviennent souvent, après en avoir lu une dizaine, répétitives et piétonnières. J’ai fait des top 10 en 2007 et 2008, sans jamais déborder dans les hiérarchies obscures, du genre quel est le meilleur film avec un singe dedans, ou quelle est la plus horrible scène de viol dans un film. Le syndrome High Fidelity,  c’est charmant un temps.

Mais n’empêche. Étant donné qu’une décennie se termine dans deux mois et que la prochaine se terminera quand j’aurai 35 ans, je me gâte et me penche sérieusement durant les prochaines semaines sur le problème qu’est de définir ses 10 films préférés sur une période de 10 ans. Mes recherches préliminaires dans ma bibliothèque personnelle effectuées, 5 films ont déjà une place assurée dans ma liste. Pour le reste, il faudra revoir les films que j’ai aimé et découvrir ceux que j’ai laissé passer sous mon nez (quand même pas mal).

Pour ce qui est des listes des autres, attendez-vous à les voir débarquer dans les prochaines semaines. C’est commencé à l’émission At the movies, où A. O. Scott et Michael Phillips dévoileront leurs choix un film à la fois, à chaque semaine. Je favorise la même approche, en proposant un film par semaine jusqu’à la dernière semaine de décembre. Pour que ça colle, je commence avec deux films cette semaine.

Chaque choix est politique et je serai prêt à les défendre jusqu’au sang, vous êtes prévenus.

Aussi, aucun ordre, rendu à ce point le dixième film a autant d’importante à mes yeux que le premier.

Non, Mulholland Dr. n’est pas dans ma liste.

En espérant lire les vôtres.

OVNI_03_C1_250

J’ai un rêve. J’aimerais un jour être l’éditeur en chef d’un magazine. Peut-être parce que je me sens plus fin qu’un autre, mais surtout parce que j’ai toujours adoré le format. Déjà quand j’étais jeune j’avais le nez dans les 7 jours, Lundi et autres hebdomadaires à potins, mais au lieu de virer en mini Michel Girouard, j’ai développé mes goûts et je lis maintenant religieusement le New Yorker, 24 images et pleins d’autres publications qui me donnent l’air encore plus prétentieux.

Ce que j’apprécie dans ces deux magazines, je l’ai retrouvé dans OVNI, magazine publié 3 fois l’an par Le Quartanier (maison d’édition qui fait dans le beau et le propre). Littérature, art, cinéma, bande-dessinée (jamais compris pourquoi on en parle si peu au Québec, avec Drawn & Quaterly et la tonne de bons bédéistes qu’on a ici, au delà de Michel Rabagliati). Par des gens qui aiment, respirent, mangent l’art, avec une plume qui se laisse lire. Et c’est bien fait, dans le sens qu’on a pas à se battre avec le texte.

Dans ce troisième numéro (Automne 2009), outre l’entrevue avec Nicolas Dickner, un essai sur la réception du dernier roman de Cormac McCarthy, sur celle du premier film de mon nouveau meilleur ami Xavier Dolan, un long texte sur le Chinois qui a mangé un fœtus au nom de l’art (quelque chose dans le genre) et une entrevue avec la bédéiste Iris en bande-dessinée. Sans compter les critiques et le reste des articles que j’ai pas encore lu.

Je le trouve quand même un peu trop cher (15 $ pour les deux premiers numéros, 12 $ pour le dernier), surtout pour la longueur des textes et la fréquence des parutions. Certains textes penchent aussi dangereusement sur le blabla théorisant qui dit pas grand chose, mais en général c’est impressionnant (dans le genre que j’envie). Encourager un magazine de la sorte, c’est lui donner la possibilité de s’améliorer et de prendre sa place dans le marché déjà saturé de l’édition. Disponible seulement dans les librairies selon mes recherches approximatives.

*

Si je me plains de la brièveté des textes d’OVNI, c’est peut-être parce que je viens de terminer le portrait de James Cameron par Dana Goodyear dans l’édition du 26 octobre du New Yorker. Une dizaine de pages, en petits caractères tassés, dense. Dans le film Adaptation de Spike Jonze, le personnage de Charlie Kaufman qui se pète les dents sur une adaptation cinématographique de The Orchid Thief de Susan Orleans s’exclame : “I can’t structure this. It’s that sprawling New Yorker shit.” Ça décrit très bien ce portrait du légendaire cinéaste d’origine canadienne, qui nous livrera cet automne son Avatar tri-dimensionnel/révolutionnaire/salutaire. Ça déborde de partout – du compte-rendu de la post-production du film à la biographie classique aux anecdotes assez superflues – et ça nous fait surtout comprendre que s’il y a un type qui ne faut pas choquer à Hollywood, c’est bien James Cameron. Citation à 100 $ : ”I didn’t want to write like an idiot, based on some kind of comic-book knowledge”, dit-il en expliquant qu’il a appris à tirer du fusil en écrivant le scénario de Terminator 2.

Faut que ça sorte. Aleksi K. Lepage me tape sur les nerfs. Solide. Pigiste pour La Presse, il avait publié il y a environ un an la critique d’un film fictif, Le parfum des poulpes, en mode Odile Tremblay, ou qui sais-je. Machin qui se voulait humoristique tout en escamotant une certaine forme de critique cinématographique, vous pouvez la lire ici dans son intégralité. On passe sur la niaiserie, jusqu’à ce qu’on tombe sur ce que K. Lepage fait comme critique pour La Presse ces temps-ci (non, je n’ai pas suivi son parcours), dont celle du documentaire Good Hair.

Voir des cons de la sorte sévir donne vraiment envie de frapper dans un mur. Je me disais qu’étant donné que je fais de la critique cinématographique un objectif et un idéal, je devais peut-être ronger mon frein en silence, regarder de l’autre côté pour espérer gagner ma place au soleil un ‘ment donné. Mais on est en train de me prendre un imbécile, comme si les belles grosses jokes vaporeuses d’un gars qui commente les potins des vedettes le reste du temps ne devaient pas me faire voir rouge. Pigiste…à La Presse? Pis à l’université on dit que ça va mal dans les journaux.

Un lecteur avait laissé un commentaire relevant la faiblesse de la critique sur la page, mais depuis, il est introuvable, remplacé par un commentaire aussi insignifiant que le texte-lui-même.

Bref.

HommesaLouer

Un cinéaste à parfois la tâche un peu ingrate de montrer, tout simplement, sans point de vue, sans fioriture. Ingrate, mais nécessaire, même si le spectateur en sortant de la projection ne peut que constater, incapable de ressentir une quelconque proximité avec ce qu’il se passe sur l’écran. Rodrigue Jean prend son sujet – la prostitution masculine à Montréal – comme il prendrait un galet au fond d’une rivière pour nous le montrer, avant de le redéposer où il était. Pardonnez l’image foireuse, mais la pitié, la consternation ou n’importe quelle autre réaction n’auront été modulé d’aucune façon par le cinéaste. Aucune technique vient diriger autrement l’attention que sur les visages des principaux intéressés. On regarde derrière la toile, l’autre univers, et on rentre chez-soi, le contraste étant peut-être trop fort.

L’impuissance parce qu’on demande rien d’autre que de regarder. Ce n’est pas le mal nécessaire, ni la curiosité morbide, ni la fausse moralité du miséricordieux, c’est le sentiment que ces jeunes-là on quelque chose à dire, peu importe quoi, et qu’il faudrait par bon sens leur donner la chance de se faire écouter. Pendant un an, avec l’aide de l’organisme Action Séro Zéro, Jean et son équipe suivent un groupe de jeunes (+ 1 vieux) travailleurs du sexe qui en ont long à dire sur leur parcours. Les classiques : passés violents, agressions sexuelles, familles dysfonctionnelles, mais racontés à la première personne, avec un sang-froid qui dérange. Certains veulent s’en sortir, d’autres ont déjà fait leur deuil. Rodrigue les interroge, on entend sa voix, il réagit souvent aux réponses comme s’il était lui aussi dans la salle, avec incrédulité. Les saisons se suivent et ne se ressemble pas, même si pour les jeunes c’est probablement toujours un peu la même histoire : batailles, séjours temporaires en prison, sorties, rechutes. Tellement que cette histoire de prostitution ne devient qu’un détail, que le moyen de payer sa dose, celle qui permet d’oublier ses problèmes quinze minutes.

Si certains aimeraient prendre le film de l’extérieur, donner à la réalité des explications socio-économiques, héréditaires ou biologiques, les questionnés répondent avec une lucidité déconcertante qu’ils savent bien au fond comment et pourquoi ils se sont retrouvés là, même s’ils se donnent de fausses défaites. C’est le spectateur qui est dupe, parce que le montage ne lui a jamais donné d’attentes et ne lui servira pas de salut sur un plateau d’argent.

Le film n’avait pas besoin d’être plus que son sujet. Le monteur Mathieu Bouchard-Malo fait d’Hommes à louer un 140 minutes bien tassé, que l’on suit de mois en mois, prévoyant une fin qui prend de court. Que Jean ait défendu ce montage, on peut maintenant annoncer que le principe était soutenu par un travail de documentariste irréprochable.

At-the-Movies

Depuis le 5 septembre dernier, la nouvelle saison de la légendaire émission At The Movies, qui se fit connaître grâce à Gene Siskel et Roger Ebert en 1982, est diffusée en ligne. Pourquoi en parler? Parce les deux nouveaux critiques à la barre de l’émission sont loin d’être des deux de pique : A. O. Scott du New York Times et Michael Phillips du Chicago Tribune. Les deux se relayèrent avec d’autres critiques et personnalités du cinéma pour remplacer Ebert à partir de 2006, lorsque ce dernier recevait des traitements pour un cancer de la thyroïde.

Ben Lyons et Ben Mankiewicz animaient l’émission l’an passé, mais ça manquait sérieusement de souffle, de crêpage de chignon, bref de vie. On s’entend que si vous devez présenter deux critiques de cinéma à la télévision, vaut mieux qu’ils aient une forte personnalité, question d’animer les débats. Phillips et Scott savent communiquer leur amour du cinéma et assommer sans remord un film qui le mérite.

Cette semaine : Where the Wild Things Are, Good Hair, Paranormal Activity, An Education. Pas besoin de vous rappeler que l’intégralité des critiques de l’émission depuis ses débuts sont disponibles sur son site ouèbe.

At the Movies

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